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L'exil de Seydina Limamou à la Gorée 

Ababacar LAYE BASSE

Ibrahim DIOP

Abdoulaye SAMBA

Cheikh Sarr SOW

SOMMAIRE

INTRODUCTION

I/- Présentation historique

1-    Quelle est la signification du mot  Gorée?

2-    La turbulence historique de Gorée

II/- La dimension spirituelle de l’abolition de l’esclavage

III/- L’avènement de Seydina Limamou Lahi al Mahdi (PSL) et le début des persécutions.

 

IV/- Le passage glorieux de Seydina Limamou Lahi al Mahdi (PSL) à Gorée

V/ La portée universelle de l’exil de Seydina Limamou Lahi al Mahdi (PSL) à Gorée

 

 

Conclusion

 

 

 

I/ Présentation historique

 

 

 

Avec les nouvelles découvertes de la Renaissance, Portugais et Espagnols au faite de leur puissance maritime, ont lancé des expéditions le long des côtes du Nouveau Monde et du Vieux Continent.

 

C’est ainsi qu’en 1444 sous le commandement de Denis Diaz, les caravelles portugaises découvrent aux larges de la presqu’île du Cap-Vert, la petite île : Gorée.

 

Située à trois kilomètres de la cote Dakaroise, Gorée avec ses 900 mètres de long sur 300 mètres apparaît comme une escale exceptionnelle sur la route du Cap et des Indes. Elle offre en effet aux modestes vaisseaux de l’époque un bon mouillage dans une rade bien abritée de la houle surtout pendant les périodes de tempêtes d’où l’intérêt que lui portent navigateurs et commerçants qui y faisaient escale pour réparer leurs bateaux.

 

 

 

I-     Pourquoi le nom de Gorée ?

 

L’île était désignée par les autochtones Wolofs et lébous par Béer.

 

Pourquoi les Européens l’ont-ils appelé Gorée ?

 

Plusieurs thèses sont avancées pour justifier cette épellation .

 

Selon certains témoignages européens, Gorée doit son nom aux premiers navigateurs hollandais. A en croire Dapper, en 1617, le roi Biram du Cap-Vert en fit don à la compagnie Néerlandaise des Indes occidentales qui peu après y fit construire une forteresse.

 

De  même Anfreville de la Salle se fondera sur les dires de Lemaire pour écrire que Gorée aurait été baptisée en souvenir de « Gorée en Overflakee ».

 

Celles-ci présentent une similitude de forme hallucinante lorsqu’on retourne la carte de Gorée.

 

Un tel procédé était d’ailleurs fréquent lors des grandes découvertes.

 

Pour s’en tenir aux navigateurs néerlandais, on peut citer le cas de Nieuw Amsterdam (l’actuelle ville de New York) avec ses nombreux de quartiers baptisés de noms hollandais tels Breukelen (actuel Brooklyn), ancien nom d’un village voisin d’Utrecht et de Haarlem.

 

D’autres s’en tiennent à l’étymologie néerlandaise pour dire qu’elle est une contraction de Goede Reede, allusion à la sécurité de sa rade pour les navires.

 

Face à de telles assertions, nous pouvons  avancer en connaissance de cause que Gorée (l’affranchie intègre en Wolof), en rapport le nom de la grotte de Ngor (la dignité en wolof), révèle une dimension spirituelle qui semble échapper à plus d’un.

 

2-La turbulente histoire de Gorée

 

Inhabitée jusqu’en 1444, selon les Européens ; l’île fraîchement découverte par Denis Diaz va jouer un rôle historique unique au monde.

 

La proximité de la grande terre qui offre le bois et les vivres fit de l’île sous tutelle portugaise puis hollandaise (1444 à 1677), un point de relâche sur la route de Guinée, du Cap et des Indes.

 

Au demeurant, grâce à son entrepôt fortifié, elle permet de garder des marchandises de traite sans risque de pillage, ce qui est loin d’être le cas dans les comptoirs de la petite Côte.

 

Mais, à coté des grands courants commerciaux dont l’île ne participa que modestement, sa grande renommée découle principalement du commerce des esclaves. Capturés essentiellement sur la cote de Guinée, une faible partie seulement était gardée pour assurer les services locaux (esclave de case) ; tandis que le gros était en Amérique pour remplacer la main d’œuvre indienne hostile à la servitude.

 

Gorée fut donc la plaque tournante de cette odieuse pratique qui arracha à l’Afrique des milliers et des milliers de ses fils qui vont mettre en valeur le nouveau continent Américain.

 

II/La dimension spirituelle de l’abolition de l’esclave

 

Si de faibles voix à l’image de Victor Schoelcher finirent par se faire entendre dans la croisade contre cette pratique inhumaine, force est de noter que l’esclavage ne fut totalement éradiqué qu’en 1884-1885 avec la conférence de Berlin. Cette heureuse initiative, assez tardive du reste, coïncida miraculeusement avec l’Appel lancé par Seydina Limamou Lahi al Mahdi(PSL) qui déclara, être investi par Dieu pour amener hommes et djinns à adorer leur Créateur selon un culte islamique pur, son apparition dans la race noire, pour la hisser au même rang que les autres conformément à la sourate 47 verset 10 du Saint Coran ou Dieu dit : «  Tout peuple aura son messager, et quand ce messager viendra, il sera décidé entre eux avec équité et ils ne seront point lésés » .

 

Et le prophète Mohamed (PSL) ne prédit il pas la venue du Mahdi (que Seydina Limamou Lahi (PSL) s’est déclaré être) en ces termes : « S’il ne restait au monde qu’un seul jour, Dieu l’allongerait jusqu’à ce que fut envoyé un homme de ma famille qui remplira le monde de justice et d’équité, comme il a été jusque là rempli d’injustice et d’iniquité (…)

 

Si nous comparons ces propos avec ce que nous savons des enseignements de Seydina Limamou al Mahdi (PSL), qui, dès le début de son Appel islamique s’est soulevé contre les préjugés raciaux en éliminant les noms de famille qui étaient symboles d’une stratification sociale synonyme d’injustice et d’inégalité, nous pouvons affirmer que ces enseignements révolutionnaires du Mahdi constituent un des signes précurseurs de l’abolition de l’esclavage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III/ L’AVENEMENT DE SEYDINA LIMAMOU AL MAHDI (PSL) ET LE DEBUT DES PERSECUTIONS

 

 

 

De tout temps, les Prophètes ont eu à supporter des épreuves émanant de leurs peuples dans l’exercice de leur mission prophétique d’où l’adage : « Nul n’est prophète chez soi ».

 

Seydina Limamou Lahi al Mahdi (PSL) n’échappa pas à la règle puisqu’il connut toutes sortes de persécutions de la part de ses parents lébous dès le retentissement de son fameux Appel islamique à l’endroit des hommes et des djinns.

 

Accueilli avec indifférence à son début, ce fameux appel commençait à inquiéter les autorités coloniales, comme l’illustre Cléret directeur de l’intérieur à Dakar (de 1887 à 1888) qui dans son rapport du 19 septembre 1887 fait état du ralliement de certains marabouts à Limamou et affirme que leur présence autour de celui-ci était plus qu’un encouragement pour les autres.

 

Après de vaines tentatives de faire à son égard visant à le mettre en mal avec les autorités coloniales dans l’espoir que ces dernières, disposant de moyens coercitifs, pouvaient réussir là où ils ont échoué.  

 

Certains dignitaires lébous usant de toutes leurs influences présentèrent le saint homme comme étant un ennemi potentiel parce qu’il était en train de constituer une armée en vue de combattre le pouvoir colonial.

 

Jouant inconsciemment le jeu des détracteurs de Seydina Limamou Lahi al Mahdi (PSL), les colons échouèrent lamentablement dans leurs vaines opérations visant à éliminer le vénérable envoyé de Dieu. 

 

Après la première visite de l’escadron de l’armée coloniale qui prit honteusement la fuite,

 

Seydina Limamou Lahi al Mahdi (PSL) lança cette parole à ses compagnons qui atteignaient des centaines voire des milliers :

 

« Gor ba tëdd na, waaye ndék yaa ngi ne sann.

 

Gëmm leen, ku gëmmul doo wey. »

 

Il leur faisait comprendre que l’ennemi, bien que vaincu aujourd’hui ne baissera pas les bras et que sa réaction sera plus rude.

 

Il préparait dons ses disciples aux jours de tristesse qui secoueront sa communauté. Il ne cessait de leur répéter dès le début de son Appel : « trois ans, trois jours, trois mois » ; mais ses interlocuteurs n’étaient pas en mesure de déchiffrer le sens de cette parole prophétique.

 

En effet, tandis que ses adversaires mettaient au point une expédition militaire destinée à l’arrêter, il informa ses disciples que Dieu lui a ordonné un exil volontaire comme le subirent bon nombre de Prophètes.

 

Il quitta Yoff dans la nuit du 10 au 11 septembre 1887 accompagné de quatre de ses disciples en l’occurrence Thierno Sarr, Alé Mbaye, Demba Mbaye et Abdoulahi Samb. Il leur confia ceci : «Dieu a prescrit l’exil chez tout prophète et qu’une grande récompense sera réservée demain à ceux qui auront enduré avec moi les difficultés de mon exil».

 

Cet exil se passa après la prière du soir (‘ichâ) vers une destination inconnue. En cours de route, il ne cessait de réconforter ses compagnons en leur disant : «Dieu est avec  nous et il nous guidera».

 

Arrivé à une dizaine de kilomètres de Yoff à hauteur de Malika (village non habité à l’époque et qui sera désigné du nom d’un marigot qui y était situé), Seydina Limamou LAHI al Mahdi (PSL) déclara à ses compagnons : « Dieu a mis des entraves à mes pieds » et recommanda à chacun de prendre une direction des quatre points cardinaux. Thierno Sarr qui avait pris la direction de l’orient vint lui dire qu’il avait trouvé un monticule de sable surplombé par un arbre qui semblait former un abri avec ses branches. C’est dans cet endroit que le Saint Maître et ses compagnons restèrent trois jours durant.

 

En ce moment, les fidèles restés à yoff subirent toutes sortes de brimade au point qu’ils quittèrent le village pour se réfugier à Dakar chez certains compagnons comme  Tafsir Ababacar Sylla, Abdoulaye Diouf, Alassane Ndoumbé Dior, Ndongo Diagne etc… Tous des disciples de Seydina Limamou LAHI al Mahdi (PSL). Durant toute cette absence, la communauté fut dirigée par son ami et fidèle compagnon Tafsir Ababcar Sylla qui fût imam et qâdi (juge musulman) de Dakar pendant vingt deux ans.

 

Pendant ces trois jours que durèrent le séjour du Saint Maître dans cet endroit appelé Nguédiaga (en souvenir de l’arbre qui surplombait la dune), il recommanda à ses compagnons d’observer le jeûne comme l’avait fait le prophète Mouhamed (PSL) durant le chemin de son exil. Comme Seydina Limamou se réclamait être le Prophète Mouhamed, il disait à qui voulait l’entendre : ‘si vous voyez quelque chose qui me dissocie du Prophète, c'est-à-dire des faits, et paroles différents des siens,  sachez que je ne suis pas le véritable Mahdi»

 

Par miracle, au moment de la rupture du jeûne, Dieu guida deux de ses disciples, Sam Penda et Sira Tall qui se dirigèrent jusqu’au lieu reculé et très caché où le Saint Maître s’était retiré et lui apportèrent du lait caillé et du lait frais comme l’avait fais Oum Mahbad au Prophète Mouhamed (PSL) durant son exil  vers Médine.

 

Au troisième jour, Seydina Limamou al Mahdi (PSL) se dévoila par pitié à ceux qui le cherchaient en vain. Il se livra ainsi volontairement à eux.

 

Tafsir Makhtar Lô raconte dans son célèbre manuscrit « bushral Mouhibîna wa tayhizal jâhilîna» que tous les hommes valides des sept villages lébous du Cap-Vert étaient mobilisés pour rechercher le Saint Maître. Leur nombre était tellement important, conclut-il qu’ils ressemblaient à un essaim de sauterelles.

 

On le conduisit sans tarder à Dakar pour le livrer aux blancs qui les avaient chargés de le ramener vivant ou mort. En cours de route, un grand miracle se produisit aux environs de Yarakh. Devant faire ses ablutions pour la prière du midi (Zuhr), l’assistance jugea le moment favorable pour découvrir le mystère que cachait le Saint homme à l’intérieur de ses deux turbans (blanc et noir) qu’il ne quittait jamais depuis le début de sa mission.

 

Juste au moment où il s’apprêtait à faire le lavage de la tête, une antilope passa devant eux et les divertit. Ils se ruèrent tous sur l’animal.

 

Les deux turbans symbolisant la double mission qu’il a eu à mener ; le blanc rappelant sa première mission chez le peuple noir. Mouhamed al Boussayri ne le présente-t-il pas dans son fameux ouvrage «Al burba » comme «le prophète des deux existences, de la double charge, de la double appartenance raciale, le Seigneur des arabes et des non-arabes ? (Saydu-l-kawnayni wasaqalayn wal-fâriqayn, Seyd urbin waajamin) »        

 

 Ce dernier  réussit à s’enfuir permettant ainsi au vénérable maître de terminer ses ablutions. Ses suivants comprirent tardivement qu’ils se sont  faits avoir. Il fut interné à Gorée. Après un séjour de trois mois dans cette île, il fut jugé.

 

Ce fut un jour du mois de Zoulhidja (14 sept. 1887) qu’il fut embarqué avec son disciple Abdoulaye Diallo à l’heure de la prière de l’après midi (‘Asr). Ce fut le jour le plus triste que connurent ses compagnons qui étaient désemparés à l’image d’un troupeau abandonné par son berger au milieu de la brousse.

 

En prophète averti Seydina Limamou al Mahdi (PSL) les réconforta avec ces paroles pleines d’assurance : « Si jamais le bateau qui m’emporte dépasse Béer (ancien nom de Gorée), sachez que je ne suis point le Mahdi que vous attendiez, le Prophète de la fin des temps. Ces blancs aux mains de qui je suis aujourd’hui, ne peuvent rien contre moi si ce n’est la volonté du Tout-Puissant qui m’a envoyé et m’a investi d’une mission prophétique que je dois accomplir en ce lieu (Gorée). Car si je ne pose pas les pieds sur cette île de la souffrance de la race noire, Dieu ne va point couper la ficelle de l’esclavage dont sont victimes les noirs.

 

Dieu ne déclare-t-il pas dans sa souveraineté favoriser sa race à l’image du peuple juif injustement traité : «Nous voulions favoriser ceux qui étaient opprimés et faire d’eux des dirigeant, les héritiers » (Coran 28,5).

 

   Pendant que le vénérable prit congé de ses fidèles durement secoués, les

 

D’après Ibn Handal « quatre îlots de pierre doivent ceinturer les eaux maritimes où apparaîtra le Mahdi » in Musnad VI, p. 34.

 

Ces quatre îles forment miraculeusement les quatre lettres arabes qui composent le nom de Mouhamed (PSL).

 

 Détracteurs de sa mission jubilaient sur le quai en pensant qu’ils vont être enfin débarrassés de ce « soi disant » prophète et qu’ils vont désormais être tranquilles.

 

IV/ LE PASSAGE GLORIEUX DE SEYDINA LIMAMOU AL MAHDI (PSL) A GOREE

 

A l’approche de l’île dakaroise, une tempête orageuse les surprit, faisant de gros dégâts sur le bateau dont les mâts se brisent. Fait miraculeux, le bateau accosta sur les rives de l’île sans que personne ne l’ait dirigé.

 

L’angoisse continua de régner dans l’île jusqu’à ce que  le Saint Homme fût gardé. Or, un ascète sortit de l’église et cria dans les rues de Gorée «Faites sortir ce Saint sinon nous serons foudroyés ». Suite à cette intervention, on le fit sortir de « prison » pour l’interner dans une chambre plus spacieuse et beaucoup plus confortable. On y installa un lit avec beaucoup de sable de mer sur le sol en même temps que tous accessoires dont il pourrait avoir besoin (natte de prière, bouilloire etc…).

 

Durant les trois premiers jours de son séjour, Seydina Limamou al Mahdi (PSL) refusait tout aliment que les blancs lui servaient. Ces derniers de peur  qu’il ne meurt entre leurs mains et déclenche un soulèvement de ses partisans, lui proposèrent de le libérer. Mais il déclina leur offre en leur répondant qu’il ne pouvait partir sans Abdoulaye Diallo qui était maintenu en prison. L’emprisonnement de Tafsir Abdoulaye Diallo symbolise à plus d’un titre, que le noir n’était pas esclave de l’homme blanc mais bien un serviteur de Dieu au même titre que les autres humains. Le terme Abd Allah signifie, en effet, le serviteur ou adorateur de Dieu en arabe.

 

Pour contenter Seydina Limamou al Mahdi (PSL), ses « geôliers» firent appel au service de son disciple Abdoulaye Diouf (grand-père du célèbre Modou Mboup dit kharikhou) et de son épouse Aminata Diop, habitant tous deux à Dakar. Le premier était chargé de faire les courses du Saint Maître et de faciliter la traversée des visiteurs qui venaient lui rendre visite ;, tandis que l’autre devait préparer ses repas et s’occuper de ses autres besoins domestiques.

 

D’ailleurs, il recevait beaucoup de cadeaux de la part de ses visiteurs qu’il offrait par la suite aux goréens qui lui rendaient visite.

 

Cheikh Mamadou Mboup dit Kharikhou nous raconte dan son fameux livre intitulé « Samratoul fouad » qu’un jour les blancs voulant tester la dimension spirituelle du Saint Homme, lui  présentèrent de la viande prohibée et aussitôt, Seydina Limamou al Mahdi (PSL) fit apparaître un gros éléphant blanc qui les poursuivit et apeura toute la population de l’île.

 

Il raconte qu’un jour des Abbés, informés des agissements du Saint Homme, voulaient coûte que coûte le photographier, mais leurs tentatives furent vaines. « Vous ne pouvez pas fixez mon image, leur dit il, car une lumière artificielle ne peut pas fixer une lumière divine ».

 

Comment pourrait-on, en effet, fixer l’image d’une personne qui n’avait pas d’ombre, une personne dont les pieds ne laissaient pas d’empreintes  sur le sable mais laissaient une marque indélébile sur les roches, une personne qui, malgré la chaleur du soleil, était toujours couverte par une ombre ?

 

Durant ces trois jours d’exil, il réussit à se faire beaucoup de sympathisants et de nouveaux adeptes parmi la population autochtone dont la Sainte Michèle Sène, la grand-mère du conservateur de la maison des Esclaves, Boubacar Ndiaye Alias Joe Ndiaye. Ce dernier en parle d’ailleurs avec beaucoup de fierté.

 

 

 

Le jour de la libération du Saint Maître et de son compagnon était vécu, nous raconte Tafsir Abdoulaye Sylla dans son livre « Izalu-l-Jahli », comme une journée de deuil pour toute la population qui ne voulait pas voir partir Seydina Limamou Lahi al Mahdi (PSL), qui durant tout son séjour a fait preuve de générosité et de bonté envers elle. Pour ne pas les brusquer, il passa une journée entière à Gorée. Celle-ci ressemblait plutôt à une cérémonie d’adieu pour parachever sa mission spirituelle qu’il venait d’accomplir pour inaugurer la réhabilitation de l’homme noir, longtemps traîné dans la boue au nom de préjugés raciaux voire mêmes spirituels.

 

 

 

V/ LA PORTEE SPIRITUELLE DE L’EXIL DE SEYDINA LIMAMOU AL MAHDI (PSL) A GOREE

 

 

 

A côté de la grande renommée de l’île, eu égard au commerce des esclaves dont elle fut la plaque tournante, Gorée demeure un lieu de prédilection devant accueillir le Mahdi annoncé par les textes islamiques.

 

En clair, son avènement se traduit fort bien en comparaison avec la situation sociologique de l’Arabie prè-islamique, marquée par l’enterrement vivant des bébés de sexe féminin (ceci se passa avant la naissance de Mouhamed (PSL), que le Coran reprocha aux arabes. Comparaison pour comparaison, l’odieuse pratique de commerce des noirs, fit de loin plus de victimes que le génocide du peuple juif.

 

C’est dire qu’à chaque fois que le créateur décide d’envoyer un Prophète à un peuple donné, Satan le lapidé tente, par ses ruses, de bouleverser ce processus. C’est ce qui semble motivé Pharaon, qui ordonna l’élimination des nouveau-nés de sexe masculin, pensant par cet acte écarter un danger potentiel : le Prophète Moïse (PSL) qui devait le détrôner.

 

Enfin, avant l’apparition du dernier Envoyé, le Mahdi (PSL), Satan essaya en vain, par le biais de la déportation des noirs, de changer les décisions divines qui sont irrévocables. La mission prophétique de Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (PSL) consistait, à ramener hommes et djinns à une pratique saine des préceptes de l’islam et subsidiairement à hisser la race noire, considérée à tort comme la race inférieure, donc servile au même niveau que les autres, conformément au principe coranique qui dit en substance : Chaque « communauté (ou race) aura son messager, et quand ce messager arrivera, il sera décidé entre eux avec équité et ils ne seront point lésés ». (Sourate 10, verset 47).

 

Son séjour en ces lieux combien symboliques conforte indibutablement cette parole qu’il ne cessait de rappeler à ses fidèles : « 3 ans, 3 jours, 3mois ».

 

En effet les persécutions coloniales commencèrent dès les trois premières années de son Appel, les recherches pour son arrestation, comme nous l’avons souligné plus haut, durèrent trois jours et son exil à Gorée trois mois.

 

En définitive, en rappelant les évènements douloureux qui jalonnent la triste histoire de Gorée, il nous semble plus que jamais légitime de faire connaître, au monde entier, l’autre face cachée de cette île, marquée par le passage du premier pionnier incompris de la négritude qu’est Seydina Limamou Lahi (PSL).

 

Ce Prophète ne disait-il pas aux détracteurs de sa mission : « C’est parce que ma peau est noire qu’on ne veut pas croire à ma mission mais un jour viendra où Dieu mettra tous les pouvoirs entre les mains des noirs ». Cette prophétie est en conformité avec ce verset de la Sourate Qasas : « Nous voulions favoriser ceux qui étaient opprimés sur cette terre et faire d’eux des dirigeants, les héritiers (28,5).

 

Avant l’avènement du Mahdi, un peu partout, les noirs étaient mal traités et même vendus comme esclaves. L’apparition de Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (PSL) devait nécessairement jeter les bases d’une réhabilitation de cette race longtemps opprimée comme l’affirme le verset ci-dessus.

 

Cela dit, la gestion de l’île de Gorée, classée aujourd’hui patrimoine mondial traduit, tant bien que mal, son caractère universel à l’image de la mission de notre Prophète Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (PSL).

 

Cette universalité d’abord historique devient aussi spirituelle grâce à Seydina Limamou pour y avoir séjourné et cela trois mois durant lesquels, il brisera à jamais les anneaux de la mémoire qui constituent les trois siècles d’odieuse pratique de l’esclavage. Cette dimension spirituelle donne ainsi à l’universalité de l’île, sa réelle connotation, parce que faisant de Gorée le lieu de rencontre de tous les croyants noirs mais de tous ceux que son histoire a unis dans d’autres contextes. 

 

 

 

 

 

CONCLUSION

 

Au terme de cet exposé, nous pouvons remarquer ensemble que rien ne s’est fait au hasard, tout semble se nouer sur la ficelle d’une prédestination plausible qui a fait de ce site multidimensionnel, le centre d’intérêt de toute l’histoire du monde du 15ème au 20ème siècle.

 

A l’image de Jérusalem où convergent trois grandes religions révèlèes (Islam, Judaïsme, Christianisme), Gorée représente pour l’histoire, la culture et la religion, un pôle que bien des continents envie à l’Afrique.

 

La culture quant à elle, lui doit énormément, car d’éminents hommes de lettres se sont inspirés de Gorée et du rôle qu’elle a joué dans l’histoire, pour offrir un support de taille à notre couverture éducationnelle.

 

Sur le plan spirituel, le Christianisme et l’Islam ont rencontré à Gorée la multiplication de la foi qui les anime. Aussi l’on a noté la naissance du « Gospel Song » et d’autres cantiques, qui aujourd’hui ont emmené un plus dans la religion Catholique.

 

La religion musulmane quant à elle, a rencontré une dynamique qui peut-on dire, l’a propulsé loin devant, ceci grâce au séjour symbolique de l’Envoyé de Dieu qu’est Seydina Limamou Lahi Al Mahdi(PSL) dans cette île.

 

Après une rude bataille spirituelle, Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (PSL) a fini par vaincre avec des alliés comme l’océan, qui a beaucoup contribué et a démontré que l’on ne saurait modifier en rien la décision de Dieu, et que Sa vérité est inamovible.

 

Son retour triomphal, trois mois plus tard, fut le sacre définitif à sa mission prophétique, élevant ainsi la race noire au sommet de la hiérarchie.

 

Cette entité qui, jadis, a connu les pires humiliations en ces mêmes lieux, fut réhabilitée au même endroit.          

 

  Au demeurant, la Fondation de Seydina Issa Rouhou Lahi, par son Mouvement des Jeunes qui se veut un espace de dialogue culturel et de recherche entre les Croyants du monde, en particulier les chercheurs qui se réclament des trois grandes religions révélées (Islam, Christianisme, Judaïsme) a jugé plus que nécessaire de mettre en œuvre cette brochure pour dévoiler à la face du monde, cette page cachée de l’histoire de l’humanité.

 

D’aucuns en parcourant ces lignes ne manqueront pas d’éprouver de légitimes motifs de fierté devant la découverte de certaines valeurs de notre patrimoine culturel.

 

Les noirs «Africains–Américains» en ce qui les concerne dans leur quête perpétuelle d’identité propre ont eu l’heureuse initiative de mettre sur pied un grand monument dénommé «Mémorial Gorée-Almadies» en souvenir de leur ancêtres africains déportés en Amérique.

 

La mise sur pied de ce mémorial révèle miraculeusement la relation spirituelle qui existe entre ces deux sites marqués par le passage de Seydina Limamou Lahi (PSL) en ces deux lieux.

 

C’est d’ailleurs pour immortaliser ces deux séjours (Ngor et Gorée) que les fidèles de la communauté layène organisent des pèlerinages annuels en ces deux endroits de la presqu’île du Cap-Vert.

 

Nous ne pouvons terminer sans remercier toute la famille du Saint Maître, Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (PSL) et toutes les participations ou contributions de près ou de loin pour la réalisation de cette brochure.

 

Que Dieu répande sa grâce et ses faveurs sur le noble Prophète Seydina Mouhamed (PSL), sa famille, ses fidèles compagnons ainsi qu’à toute la communauté islamique. Amen.

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