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Le troisième calife Baye Seydi Thiaw LAHIA

Le Hawçu-l A’zam à la cour du Mahdi : Baye Seydi Thiaw « Sangoub Diamono »

 

A la suite de la disparition du vénéré khalif Seydina Mandione Lahi en 1971, son fils ainé Seydina Issa Lahi accéda au califat en tant que 3è Khalif du Mahdi Seydina Limamou Lahi (Aleyhi Salaam).

Le nouveau khalif, Baye Seydi Thiaw comme l’appelaient affectueusement les fidèles layènes allait marquer à jamais les esprits des gens bien guidés de ce monde en ce 15è siècle de l’ère musulmane en ce sens qu’il laissa une empreinte à jamais indélébile sur la voie des laahine- Les Partisans d’Allah (fidèles de la communauté Layène).

 

En effet, c’est sous son califat que la sainte Communauté Layène atteignit son apogée eu égards à l’immense œuvre qu’il réalisa tout au long de son magistère et dont les signes restent encore visibles. Il en résulta le rayonnement du layènisme à travers d’abord le milieu religieux sénégalais mais bien au-delà, à travers le reste du monde. Vingt-cinq (25) ans déjà après sa disparition survenue en 1987 et pourtant ses nombreuses réalisations ne cessent d’être données en exemples à suivre. En témoigne cette expression devenue légion au sein de la communauté du Mahdi : « si Baye Seydi Thiaw était encore là… ». Pour dire combien Baye Seydi Thiaw marqua l’esprit des gens (même de la nouvelle génération née après sa disparition) de par sa clairvoyance, son ingéniosité, sa piété, sa générosité, sa bravoure, sa grandeur d’âme, son esprit rassembleur, son sens de la justice, de l’équité et surtout du partage, bref sa gestion irréprochable des affaires des Layènes. Pour autant la nation en général et la communauté Layène en particulier peinent toujours à faire un hommage digne de ce nom à cet être multidimensionnel que fut Seydina Issa Lahi. Raison qui justifie notre tentative d’apporter une modeste contribution en ce sens.

 

Naissance

 

Fils ainé de Seydina Mandione Lahi Ibn Seydina Limamou Lahi (PSL) et de Sokhna Aissatou Lahi Ciss, Baye Seydi Thiaw Lahi naquit en 1914 à Rufisque sous le califat de son oncle paternel le Messie Seydina Issa Rohoulahi 1er khalif du Mahdi Seydina Limamou Lahi (Aleyhima Salaam). On raconte qu'à l’annonce de sa naissance à Seydina Issa Rohoulahi (AS), ce dernier se dépêcha à Rufisque en compagnie de son frère  (Seydina Mandione). Une fois sur les lieux, Seydina Issa fut "informé" du martaba (rang spirituel) qu'occupait ce nouveau-né auprès du Seigneur le Très-Haut et intima alors l'ordre à son frère de l'amener à Cambérène pour y passer sa première nuit. Ce qui fut fait et il fut donné au nouveau-né le nom de son vénéré oncle, le khalif Seydina Issa Rohoulahi Ibn Limamou Lahi.

Comme tous les jeunes de son âge, Baye Seydi Thiaw fréquenta l'école coranique bas-âge, ce qui lui permit d'acquérir de solides connaissances en charia, théologie et en sciences religieuses. Plus tard, son père le confia à son oncle Seydina Ababacar Lahi Ibn Limamou Lahi pour parfaire son éducation religieuse. Le jeune Seydina Issa était un passionné de chasse et de pêche à l'épervier. Il passait son temps libre à s’isoler à la plage loin des indiscrétions pour méditer. Toute sa jeunesse durant, il ne cessa d'émerveiller son entourage de par des miracles inouïs qu'il accomplissait autour de lui. Ainsi à chaque fois qu'un visiteur se présentait à lui, il lui disait automatiquement les raisons de sa venue, et ses prières ne tardaient jamais à se réaliser. Ce qui suscita l’intérêt que lui portaient les âmes en détresse. Pour autant, il s'était trouvé un métier de mécanicien de bateau pour gagner sa vie honnêtement et entretenir sa famille convenablement. C’est ce qui lui permit d'effectuer de nombreux périples en mer à travers la planète. Il put ainsi aller à la découverte de nouvelles villes portuaires, de nouveaux types d’hommes et de nouvelles cultures étrangères. C’est sans doute fort de cette expérience qu’il avait fini par devenir un polyglotte avec pas moins de 14 langues dans son répertoire entre autres l’arabe, le français, l'anglais, l'italien, le portugais, le créole, en plus de la plupart des langues nationales (peulh, wolof, sérère, diola etc.).

 

Califat

 

Il accéda au califat en 1971, à l’âge de 57 ans à la suite de la disparition de son vénéré père Seydina Mandione Lahi, deuxième Khalife de Seydina Limamou-l Mahdi (PSL). Il ouvrit ainsi l’ère des petits-fils en tant que 3è Khalife des Layènes. Un phénomène majeur se réalisa alors. En effet, la naissance de Baye Seydi Thiaw coïncida avec l'apparition  dans la mer de Yoff d'un îlot appelé "Teunguène bou ndaw" en référence à l’île de Yoff appelée « Teunguène ». Celui-ci disparu la même nuit où Baye Seydi Thiaw Lahi accéda au califat après avoir procédé à la prière mortuaire de son défunt père.

Sous son califat, il s’attela à faire respecter scrupuleusement l’enseignement du Mahdi et n’hésitait pas à se charger de corriger les fidèles qui s’égaraient de cette voie. C’est pourquoi d’aucuns le comparaient déjà à son oncle et parrain Seydina Issa Rohoulahi (a.s) du fait de sa rigueur quand il s’agissait d’appliquer les recommandations du Mahdi (PSL) ou de corriger les erreurs.

C’était  un homme vertueux caractérisé par une humilité rare n’hésitant pas à s’assoir à même le sol malgré son rang et l’immensité de son savoir. En effet, l’étendue de son savoir faisait qu’il avait fini de faire le vide autour de lui en son temps. Il était profondément versé dans les sciences religieuses entre autres en Tawkhîd (Théologie), Fihq (Jurisprudence) et Tassawwûf (Soufisme). Mais aussi  c’était un maitre incontesté de la mystique musulmane. Les savants et autres connaisseurs des sciences ésotériques toutes obédiences confondues venaient de toutes parts pour bénéficier de son savoir dans ces domaines qu’il maitrisait mieux que quiconque. Pour autant Baye Seydi Thiaw prônait le « jihad-a-nafs » et était le meilleur dans cette voie en son temps. Pour y parvenir disait-il, il fallait « se détacher de ce monde et de ses biens et d’être constant dans la pratique de la religion  telle qu’enseignée par le Mahdi».

Sa générosité était hors norme ! Ses saintes mains débordaient d’actions de grâce for louables. En témoigne le fait qu’ à chaque fois qu’on lui soumettait un problème de logement, il offrait d’office une parcelle au requérant quelle que soit sa confession religieuse. Seulement il fallait à celui-là de respecter les règles que le khalife imposait à tous les habitants résidant dans le périmètre des  quartiers layènes : interdiction de fumer,  d’émettre de la musique, de porter des habits indécents, de circuler dehors au-delà d’une certaine heure de la nuit… Aujourd’hui des centaines de familles vivant à Yoff ou Cambérène toutes confessions religieuses confondues peuvent témoigner avoir bénéficié des largesses de Baye Seydi Thiaw Lahi.

En 1975, le gouvernement sénégalais fit face à un problème d’espace pour loger le surplus d’habitants de la ville de Dakar du fait de l’exode rural massif. Le président Senghor se présenta alors au khalife Seydina Issa Lahi pour lui proposer d’acheter une partie des terres du village de Cambérène (propriété de la communauté Layène) au nom du gouvernement sénégalais pour la construction de logements sociaux. Baye Seydi Thiaw fit alors preuve d’une générosité jamais soupçonnée chez personne car il céda au gouvernement 364 hectares de terres sans réclamer aucun centime en contrepartie. Ces hectares de terres que le khalife céda au gouvernement forment aujourd’hui les 26 unités des parcelles assainies de Dakar.  Il justifia son noble geste par la recommandation que fit son grand père Seydina Limamou Lahi (PSL) depuis 1883 « élargissez les concessions pour loger les invités (migrants) ». Le saint maitre (PSL) annonçait par ces propos qu’une fois que son Appel lancé en 1883 atteindra les coins du pays, les habitants des autres régions du pays voire du reste du monde feraient un exode massif vers Dakar ; certains pour venir lui faire allégeance, d’autres simplement pour bénéficier des bienfaits dont Allah a gratifié la région de Dakar du fait de la présence du prophète Mohammed (sous la dénomination de Limamou lahi) en son sein.

 En bon leader et chef de famille exemplaire, il s’est employé sous son califat à assister les fidèles dans tous leurs domaines d’activités. Il veillait à ce que les fidèles souhaitant poursuivre leurs études à l’étranger, bénéficient de bourses d’étude. Il en faisait de même en trouvant du travail à ceux qui étaient à la recherche d’emploi, allant même jusqu’à acheter des voitures de transport en commun et/ou des taxis aux chauffeurs et des pirogues aux pécheurs etc. et ce, par ses propres fonds sans rien réclamer en retour. Il était contre toute forme d’oisiveté. Quand on lui annonçait l’arrestation d’un de ses disciples,  il n’hésitait pas à se déplacer jusqu’au poste de police, voire au tribunal pour vérifier la validité du motif ou la neutralité du verdict.

Il se souciait constamment du bien-être des fidèles. A ce propos, nombreux sont les fidèles ayant effectué leurs études à l‘étranger qui peuvent témoigner du fait que le khalif ne cessait de s’enquérir de leur situation. Mieux encore il allait jusqu’à entretenir des correspondances épistolaires à travers lesquelles il leur rappelait les enseignements du Mahdi tout en les encourageant à rester dans l’endurance, la piété et la voie du sirat-al Mustaqim. Son défunt cousin Chérif Ousseynou Lahi avait l’habitude de mentionner ce fait particulier en souvenir de cet être multidimensionnel car lui aussi a pendant longtemps bénéficié de cette attention que le Baye Seydi Thiaw Lahi témoignait aux étudiants et fidèles résidant à l’étranger. Et il en faisait de même pour les fidèles allés en guerre sous le drapeau national.

Pour mieux introduire la sunna du Mahdi dans l’enseignement scolaire religieux, il construisit une école franco-arabe à NDingueuleu sous la direction du professeur Assane Sylla assisté par des oustaz comme Magoum Keur Diongue de Cambérène. Auparavant, il avait assigné à l’Imam Mouhamadou Sakhir la tâche de rassembler tous les sermons de Seydina Limamou et de Seydina Issa et d’en faire un livre pour faciliter la vulgarisation de l’enseignement émanant de ces deux prophètes de la fin des temps. Il en fit de même pour tous les documents écrits par les érudits layènes du temps de ces deux prophètes  entre autres :Bushra-l Muhhibin wa tayhiizou-l jaahilin du Cheikh Makhtar Lô, le Diiwaan de Mouhamadou Mboup Xarihou, Izaalu-l jahli du Cheikh Abdoulaye Sylla…). Et tous ces travaux furent financés par Baye Seydi Thiaw lui-même. Il chargea par la suite le professeur Assane Sylla de les traduire en langue française.

A chaque fois qu’il n’était pas d’accord avec une décision prise par les autorités gouvernementales du pays et qui allait complètement à l’encontre de l’intérêt national, il n’hésitait jamais à se déplacer jusqu’au palais de la république pour témoigner de son opposition. Et suivant la même logique à chaque fois qu’il sentait le besoin d’apporter des conseils à l’autorité suprême de l’Etat il le faisait.

 

 

L’année 1981, révéla au monde que Baye Seydi Thiaw Lahi était le Seydou Zamaane  ou maitre de son temps. En effet, au début de chaque siècle de l’ère hégirienne, Allah envoie sur terre un guide suprême chargé de veiller sur les hommes. Ce guide suprême peut occuper le rang de  Mursalun  (prophète envoyé) ou de  Qutbu  (pôle). C’est ce que le grand maitre Imam Mouhamadou Sakhir Gaye de Yeumbeul semble traduire dans ces célèbres vers de son poème en langue wolof, « Sayfu Laahi » :

 

Diiné Lislaam am na ay jëwrin yu koy yor “kulla hiin” 

Yàlla moo leen tànn mey leen woolu leen jox leen salaam

Ñooy ñi kay wooteel ci par téémééri at loolooy la siiw

Boppu téémééri at yu né lay am “ila yawmal xiyaam”

 

A travers ces vers on voit clairement qu’à chaque début de siècle (appelé xarnu) de l’ère musulmane, Allah choisi un lieutenant qu’Il charge de  gérer les affaires du monde en tant que Son intermédiaire.

En outre, dans le monde sphère du tassawuf, les différents maitres-notamment le Shaykh Al Akbar Ibn 'Arabi (CH.73 des Futuhât- Edition Othman Yahya)-conviennent de l’existence d’une hiérarchie des maqaam (stations spirituelles) allant, selon l’ordre décroissant, du Qutb (le pôle) au Waliy (saint). Ainsi, il existe 5 maqam de Pôles Spirituels : celui de Qutb, deQutbu-l Bilad, de Qutbu-l Irshad, de Qutbu-l Mutasarrif et enfin de Qutbu-l Aqtab. Il peut arriver d’entendre certains maitres dire qu’untel est le pôle en un tel lieu ou qu’un autre est le pôle en un tel domaine (par exemple dans celui de la piété). Toujours est-il que pour chaque époque il n’existe  qu’un seul et unique Pôle appelé Qutbu-z-Zamaan (Maitre ou pôle de l’époque). Ce dernier  qui est naturellement le Qutbu-l Aqtab (Pôle des pôles) est aussi appelé Hawçu-l A’zam (Secours ou Recours suprême) et il occupe cette fonction de lieutenant (telle que précisée plus haut). Ce martaba de Hawçu-qui est le plus élevé avant celui de prophète renferme en lui le bâtin khatimu-n nubuwwa (l'intériorité du sceau de la prophétie) et possède donc la Science Suprême qui est fonction de la Science divine. C’est autour de lui que gravite la Sphère du Monde d’en haut et d’en bas. De même il possède un esprit autour duquel tournent les esprits (des créatures) et un corps autour duquel évoluent toutes les formes : car il met les esprits en mouvement à l'aide de son propre esprit et les formes à l'aide de sa propre forme. En tant que représentant d’Allah, le Hawçu préside l’assemblée des Ahl-al Wilaaya (les saints). Mais son besoin de réclusion fait que personne ne le connait. De même, parfois ces élus d’Allah ne se connaissent même pas entre eux. Au cours de leurs assemblée, chacun d’eux utilisent son Nom divin correspondant à sonmartaba. Ainsi, pour le Hawçu c’est 'Abd Allâh (serviteur d’Allah) quel que soit son nom.

Il convient de souligner que si dans une époque, Allah envoie au monde un mursalun, c’est lui qui remplit cette lieutenance à la place du pôle en ce sens que le maqaam de prophète dépasse celui de pôle. Et donc dans cette même époque où  il y a déjà un envoyé, il n’y a pas besoin qu’il y ait un Hawçu en même temps. Par ailleurs les écrits relatifs à la Fin des temps font état d’une double parousie : celle du prophète Mouhamed sous la bannière de l’Imam Al Mahdi (PSL) et celle du messie I’saa Ibn Maryam (a.s) en tant que lieutenant (nayib) de celui-ci. Cela n’étant en rien contradictoire avec le hadith du « laa noubou wata ba’hda Seydina Mouhamad » dans la mesure où c’est  lui-même (Seydina Mouhamad) qui est sensé réapparaitre à la Fin des temps sous l’appellation de l’Imam Al Mahdi. C’est pourquoi après leurs avènements respectifs il ne peut plus y avoir de mursalina (prophètes envoyés) en ce monde et ce, jusqu’à l’éternité. Par conséquent à notre époque l’intermédiation entre les êtres et le Seigneur ne peut être assurée que par un Hawçu. Or à la disparition de Seydina Mandione Lahi, 2è Khalif du Mahdi, ce rôle d’intermédiaire échut à son successeur Baye Seydi Thiaw Lahi qui devint alors à partir de ce 15è siècle hégirien, le Hawçu-l A’zam.

En effet, l’année 1401 de l’Hégire (1981)- qui marqua la fin du xarnu de l’apparition de l’Imam Al Mahdi (PSL)-coïncida au califat de Baye Seydi Thiaw digne représentant du Mahdi Seydina Limamou Lahi (qui est apparu en 1301). Dès lors, qui d’autre que le Khalif, digne continuateur de la mission prophétique du Mahdi et du Messie (en cette fin des temps) était mieux placé pour occuper la fonction de Seydou Zamaan ?  

Toujours est-il que Baye Seydi Thiaw Lahi posséda l'imamat, l'héritage du prophète Mouhamed (Limamoul Mahdi) et la succession ésotérique. C’est pourquoi au début de l’an 1401, il prononça cette célèbre phrase qui fut par la suite adaptée en chant par Seydina El Hadji Abdoulaye Thiaw (actuel khalif) :

« Mame Limamou Lahi bamu wooté ak légui yàg na lool, nguène di bañ ba xarnu ba jeex na ».

 

Toujours est-il qu’une après-midi, de mercredi de l’an 1981, de retour de sa ziarra hebdomadaire au Mausolée du saint Maitre Seydina Limamou Lahi (a.s), Seydina Issa Lahi annonça qu’il fut chargé par celui-ci de relancer son message prophétique émis un siècle plus tôt (depuis 1301H correspondant à l’an 1883 grégorien). Ainsi donc, le 5 Juin 1981 (1401 de l’hégire) Baye Seydi Thiaw Lahi initia la cérémonie commémorative du centenaire de cet Appel que son grand-père lança un siècle plus tôt aux humains et aux djinns pour qu’ils se joignent à lui pour adorer Allah dans la sainteté. Saisissant l’opportunité que présentait cette cérémonie qui est depuis lors la plus importante de la communauté layène,  Baye Seydi Thiaw mobilisa la presse nationale orale et écrite pour faire connaitre au monde entier la communauté Layène, les enseignements émanant du message du Mahdi ainsi que l’œuvre des différents khalifes qui l’ont précédé.  Conscient de la portée d’une telle stratégie de communication, Baye Seydi Thiaw Lahi disait alors à ses proches  « même s’ils (l’ORTS) ne diffusent que 5 minutes d’images de la communauté Layène, l’important est que le message se fera bien entendre par le monde entier. Et une fois que ce sera fait, tout guide qui ne  copiera pas notre méthode pure de pratiquer la religion musulmane, perdra ses disciples ». Ces propos furent pleins de sagesse car après que l’ORTS a diffusé pour la première fois des images témoignant de la beauté et la sainteté des pratiques religieuses Layènes, une foule de fidèles d’autres confessions religieuses a déferlé vers le domicile du khalif pour lui faire allégeance. C’est dans cette optique que son oncle le premier Khalif  Seydina Issa Rohoulahi soutenait des années plus tôt que c’est sous le califat de son filleul (Baye Seydi Thiaw) qu’on enregistrerait le plus grand nombre d’adhésion à la doctrine Layène. Ce qui se réalisa car c’est en cette époque-là que la jeunesse en générale et celle yoffoise en particulier se sont rué massivement pour embrasser la doctrine du Mahdi Seydina Limamou Lahi. Ce qui eut pour conséquence pour la plupart de ces jeunes yoffois d’être exclus de leur domiciles familiaux par leurs parents qui ont toujours témoigné une hostilité envers la Source de la Miséricorde Divine (Aynou Rahmati Rabaniya) qui n’est autre que Seydina Limamou (a.s). Heureusement que Baye Seydi Thiaw- qui en tant que Hawçu-l A’zam de notre époque est chargé de gérer les trésors de la Générosité Divine-et donc dispense l’aide spirituelle- les reçut chez lui en leur offrant toit, moyens de subsistance et soutien total en plus de l’enseignement religieux.

L’année suivante, il entreprit une tournée chez toutes les familles religieuses du pays pour leur porter le message prophétique du Mahdi. A Touba il rencontra Feu Serigne Abdoul Ahad Mbacké, à Aïnoumady, Feu  El Hadj Abdou Aziz Sy, à Ndiassane, Cheikh Sidy Yahya Kounta, et enfin à Thiénaba, Serigne Alpha Seck. Et partout où il a été, Baye Seydi Thiaw Lahi leur fit savoir que le Mahdi tant attendu depuis des siècles était apparu au Sénégal en la personne de son vénéré grand père Seydina Limamou Lahi.

 

Les mariages collectifs qui se sont tenus à Yoff Layène le 22 Décembre furent une tradition du Mahdi que Baye Seydi Thiaw perpétua. Pendant et au retour de sa tournée auprès des familles religieuses du pays, il sillonna toutes les localités layènes pour y célébrer ces mariages  en s’appuyant sur l’enseignement du Mahdi qui a renverser tous les fondements de la hiérarchie sociale sénégalaise : distinction entre classe de nobles et castes et/ou de riches et de pauvres. Grâce à son autorité et sa sagesse il put permettre à des couples bannies par cette classification sociale de convoler en juste noce tranquillement sans heurt aucun  et selon les principes de la charia. Ainsi ce n’est pas moins de deux cent soixante-cinq mariages qui furent célébrés par le khalif après avoir préalablement recueilli le consentement des candidats et de leurs parents respectifs. Partout où il est passé il chargea les notables desdites localités de continuer l’opération après son départ et donc par la suite deux cent trente-cinq autres mariages ont pu être célébrés. Le 29 septembre 1985, il relança la même opération à Yoff, Cambérène, Yeumbeul, Malika, Dakar, Bargny, Rufisque. Ce n’est qu’au 8 décembre de la même année que l’opération prit fin à Thiaroye Gare.  En reconnaissance de ce beau geste un grand nombre d’enfants issus de ces mariages portent aujourd’hui le nom de Baye Seydi Thiaw Lahi qui en sa qualité de Secours Suprême a pu protéger nombres de ces couples contre les dérives de la hiérarchie sociale.

En 1986, Une étoile au sillage lumineux (la comète de Halley plus précisément) est apparue pour annoncer l’imminence d’un évènement exceptionnel  comme ce fut le cas à chaque qu’elle était apparue auparavant. Les oulémas de l’époque et les grands maîtres du tassawufétaient parvenus à décrypter le message (l’évènement annoncé) là où la plupart des profanes semblaient l’ignorer catégoriquement. Hélas la prédiction de cette étoile allait tristement se réaliser une année plus tard en 1987 plus précisément le 13 Octobre avec la disparition du Maitre du temps, le thérapeute des âmes (al-tabîb al-rûhânî), le défenseur des opprimés, le père et bienfaiteur des orphelins et des pauvres, Al Qutbu-l Aqtab, Hawçul-l A’zam, Seydu Haazaa Zamaan Seydina Issa Ibn Seydina Mandione, Ibn Seydina Mouhamed Al Imamu-l Laahi-l Mahdi.

Il quitta le monde au même âge que Seydina Issa Rohoulahi à savoir 73 ans,  laissant l’univers les ténèbres. Car il était le phare de son époque. El hadji Abdoulaye Thiaw (actuel khalif) déclara devant le Prrésident Abdou Diouf-venu cloturer sa campagne électorale à Yoff le 26 février 1988- ces propos pleins de vérité:  « Seydina Issa 2 s'en est allé, les mains propres car nous n'avons pas connaissance d'une dette contractée par lui, ni auprès des autorités publiques ni auprès d'un particulier...».  Ce fait est rapporté par le Pr Assane dans son ouvrage Les Prophètes Seydina Limamou le Mahdi et Seydina Issa Rohou Lahi. Les fidèles composèrent ces vers à la mémoire de leur défunt khalif en y précisant clairement qu’il est le pôle de ce siècle :

 

 « …Baay Seydi Thiaw Sangoub diamaana matal na, fekki Mahdiyu Laay ».

 

Par Chérif Alassane Laye Diop

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